[Live Report] Festival des Inrocks – Toulouse – Mardi 12 Novembre

festival les inrocks

Voici le temps venu de la 26ème édition du Festival des Inrocks qui donne l’occasion à plus d’une trentaine de groupes de tourner sur plusieurs villes de France pendant une semaine. Nous voilà donc le 2ème soir des festivités à Toulouse, au Bikini. Le temps est maussade et à l’entrée, la longue file d’attente patiente calmement sous la pluie fine. Une fois à l’intérieur, mon pote et moi, on fait comme à l’habitude : petite bière et petite clope, manière de discuter des groupes qui s’échauffent et de relever la température des gens qui affluent. Comme deux mémères, on se dit qu’effectivement, le temps dégueu de l’hiver rime rarement avec des mines pimpantes chez les personnes qui osent braver le froid en ces temps nocturnes. Pas grave. Très vite, la foule hétéroclite s’agglutine gentiment dans la salle chaude et accueillante.

C’est alors que les américains de Lucius entrent en scène. Leur musique est à leur image, tirée à quatre épingles. Harmonies vocales et grosses caisses au menu. Les deux chanteuses se font face avec leurs instruments et se reflètent. Même voix, mêmes fringues, même coupe de cheveux.

Placés en symétrie quasi parfaite, les cinq de Brooklyn proposent un set carré, maitrisLuciusé mais trop propre et consensuel à mon gout. Je me dis que c’est le genre de groupe qui ferait un tabac au Grand Journal, enfin j’me comprends. Outre mon manque d’enthousiasme envers le sujet, je dois bien reconnaitre qu’ils ont tout de même réussi la lourde tache de débuter la soirée, arrachant par ci par là des déhanchements fébriles aux spectateurs.

Passons ensuite aux choses sérieuses avec le jeune hollandais Jacco Gardner et ses acolytes. Le premier LP  Cabinet of curiosities sorti cette année fut acclamé dans tout le milieu indé et les critiques ne tarissent pas d’éloges sur les compositions psyché baroques du gars, visiblement biberonné à Syd Barrett et à la pop anglaise 60’s. Caché derrière son clavecin, la tête bien ancrée sous son chapeau, Jacco lance des sourires rêveurs et semble toujours s’émerveiller, voire s’étonner, du monde qui lui fait face, et ce malgré les mois précédents passés sur les routes européennes et américaines. La finesse des mélodies, l’utilisation de la reverb et les images projetées derrière le groupe transportent et enchantent.

C’était loin d’être gagné mais les musiciens arrivent magnifiquement bien à retranscrire l’ambiance mystérieuse et aérienne du disque. Un régal. Petite bière et petite clope et nous voilà repartis avec les jeunes canadiens de Half Moon Run qui viennent présenter leur album Dark eyes sorti en 2012. Le trio pop rock chouchou de la presse britannique fait monter la pression doucement avec une technique somme toute maitrisée. Le public est visiblement conquis par les chansons atmosphériques du groupe et ses envolées lyriques (qui ne renieraient sans doute pas les influences de Muse via le chant étiré et languissant). Le groupe assure mais me laisse franchement de marbre.

Pas vraiment ma came ce truc là. Je me rappelle soudain que j’ai une bonne fringale et vais de ce pas me chercher un succulent sandwich jambon-fromage à 4 euros. Je retrouve mon pote accoudé au comptoir, pas franchement emballé par la musique, avec un air contrarié. Le pauvre a mal aux dents et pas un doliprane à portée de main. ‘tain, vla que le troisième groupe a fini !

Il est bientôt 23h30 et je grouille d’impatience à l’idée de voir Valérie June enfin en live. Bizarrement, mon pote a l’air d’aller un peu mieux. Petite clope, dernière bière et on se fraie un passage tranquilou vers le devant de la scène.  Elle débarque peu de temps après, affichant un large sourire et des yeux bien rosés qu’elle cachera la moitié du set derrière des lunettes noires opaques. Dotée d’une présence assez renversante, elle enchaine les compositions avec une aisance et un naturel qui laissent pantois, soutenue par un groupe irréprochable. Valerie-JuneMais c’est peut-être lorsqu’elle est toute seule avec son banjo et sa voix que c’est le plus beau. On a le frisson et on ferme les yeux. On sentirait presque le vent du Mississipi nous frôler les oreilles. Une ptite vague de magie au son des mélodies blues et des pieds qui tapent le temps. Profitant des courtes pauses entre les chansons, la musicienne raconte des petites anecdotes et fait des blagues. Le public se marre et semble conquis. Mon pote et moi, on est sur un ptit nuage, conscients de vivre un chouette moment (on n’a pas tous les jours l’occasion de voir se produire une artiste de cet acabit) en se délectant de l’acoustique qui nous est offert. On se dit que l’entendre chanter au coin d’un feu qui crépite, ce serait tout aussi classe, si ce n’est mieux.

Autant vous dire que le concert passa évidemment bien trop vite. Valérie June réussit le tour de maitre de faire vibrer le folk et le blues dans une grande salle en gardant toute l’intensité et la passion caractéristiques de ces musiques intimistes, ce qui n’était pas chose aisée. Belle leçon de simplicité. Et à nous de rentrer bien heureux, après cette soirée étonnante, en terme de variation de genre, et fort sympathique.

N.C

2 réflexions sur “[Live Report] Festival des Inrocks – Toulouse – Mardi 12 Novembre

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  2. J’ai trouvé le duo Lucius spécialement génial et Half Moon Run débordant d’énergie communicative… contrairement à Jacco Gardner qui ne m’a pas du tout touchée! Mais c’est toujours intéressant de voir des avis différents. Comme quoi, les goûts et les couleurs dépendent de chacun!

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