[ROCK ON THE WILD SIDE] By N.C #7 – The Black Lips

Black+LipsFureur et prière. Les Black Lips, quatre crados déglingués, les lèvres pendues à la paille de leurs mojitos et flottant à 4 grammes sur des bouées à têtes de canards hallucinés, tourbillonnent depuis une dizaine d’années sur les eaux fraiches et mouvantes du punk garage psyché. Sous des faux airs de crétins têtes à claques, attitude débraillée et humour potache en bandoulière, le groupe livre une musique entière et sans fioritures. Derrière les chants de chats égorgés et les instruments souvent désaccordés, les joyeux lurons louent l’extase du gospel à coup de riffs effrénés et de beat survolté. On pourrait parler pendant des plombes de leur réputation d’incontrôlables qui leur colle aux basques et qui attire à leurs concerts un nombre certain de gens, en mal de sensations fortes et avides de débordements en tout genre. Rock’n’roll et débauche théâtrale ont toujours fait bon ménage. Une flopée de groupe en a fait les frais avec plus ou moins de grâce, titillant les clichés, usant du folklore ombrageux de cette musique que l’on appelait il y a fort longtemps la musique du diable, quitte à tomber dans les caricatures les plus nauséabondes. Les provocations poussives du groupe (et autres éclats de pisse et de vomi sur scène, jets de cannettes ou coup de boule) peuvent parfois lasser, mais elles ne sauraient faire oublier la qualité des mélodies, toujours habitées par cette recherche d’éternité aux gouts amers de sueur et de bière.

Les Black Lips ne sont pas à ranger dans des cases, tant par l’ironie dont ils font preuve que par la liberté qu’ils s’octroient dans leurs choix artistiques. Rien à foutre du qu’en-dira-t-on. Au risque de s’attirer les foudres des fans de la première heure adeptes de leur éthique Do It Yourself, ils décident de se payer Mark Ronson, le pape de la hype branchouille, chaussures vuitton et mèches décolorées, comme producteur de leur dernier album Arabia Mountain en 2010. Et le résultat parvient à nous convaincre, évitant de tomber dans le conformisme lisse et pompeux que laissait présager une production tiré à quatre épingles, conservant l’énergie foutraque qui les caractérise. the  blakc lips

Comme à l’habitude, les chansons suintent l’exacerbation sonique et rendent hommage à la musique qu’ils aiment et qui les font vibrer (Kinks, Ramones, Iguanas, Jacques Dutronc, etc…). Entre un petit clin d’œil au groupe culte Hubble Bubble sur la chanson Bone Marrow et un trip d’acide dans le musée Dali sur Modern Art, les quatre copains d’Atlanta continuent à se marrer et à jouir des voix qui déraillent, des cordes qui claquent. Toujours à sillonner les routes, ils exultent à jouer là où le vent les porte, que ce soit dans un bar à putes à Tijuana, une salle des fêtes en Irak ou une station de radio en Inde. Voila le genre de groupe à jouer quinze fois en trois jours durant le festival South by Southwest à Austin. Et rien que pour ça, je leur tire mon chapeau.

Alors, on a beau s’essayer à faire des roulades en bas d’une église à 3h du mat’ et se réveiller le lendemain matin couverts de bleus, ou se couper les avants bras pour partager son sang avec un vieux pote parce que c’est rigolo et parce qu’on aime bien, finalement, les picotements de la plaie au contact du Jack désinfectant, cela ne veut pas dire qu’on n’est plus con que la plus part des gens. « Qui a été le plus heureux, celui qui a bravé la tempête et a vécu, ou celui qui est resté fermement à terre et qui n’a fait qu’exister ? » se demandait Hunter S. Thompson. Idiots ou pas, les Black Lips semblent avoir fait leur choix.

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« Before You Judge Me »

 « Notown Blues »

« O Katrina »

« Punk Slime »

« Dance with you »

 

 

 

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