[ROCK ON THE WILD SIDE] By N.C #5 – Movie Star Junkies

En cette nuit sombre et frileuse, je vais vous raconter le petit périple torturé d’une chronique indubitablement sacrifiée ou comment, au gré de pérégrinations douteuses, j’ai raté les Movie Star Junkies en concert. Tout avait pourtant commencé pour le mieux. Certes, l’été tarde à pointer le bout de son nez et fait des siennes. Pas grave, j’ai alors quelques jours de libres devant moi. Entre deux éclaircies frivoles, me voilà partie, les pieds bien au chaud dans mes docs cirées rouges et le pousse tendu vers l’ouest. Because the west is the best, c’est bien connu. Sur le chemin et dans le désordre, à moins que ce ne soit le contraire, le soleil de Bretagne était doux et moelleux, les Growlers mangeaient des crêpes et je trinquais allègrement avec le guitariste aux cheveux verts – répondant au doux nom de Kyle – après un concert du feu de dieu. Soixante personnes entassées au fond d’un bar tel un essaim de lucioles au fond d’une caverne. Passage éclair sur la capitale le temps de regarder pleurer les vieilles pierres cabossées et de retour sur la route. Redescendre, remonter. Toujours être ailleurs comme disait l’autre. Et v’là ta soirée, arrosée aux shooters malabars (très mauvais choix, je vous assure) à discuter des espèces marines vivant dans les abysses, avec en toile de fond un concert de punk cradingue. Mais le matin approchant, après s’être fait refouler d’une party champagne/petits fours dans les beaux quartiers où mes amis et moi tentions de nous incruster, il était de bon ton de rentrer enfin à la maison. Et quoi de mieux pour célébrer son retour au bercail qu’un petit concert de rock, je vous le demande ?  Quoi de mieux que la rage désabusée, la fièvre ténébreuse et moite, les ondes spectrales qui se dégagent de la musique des Movie Star Junkies ? Oui, la perspective était plutôt tentante. Les chansons, telles des poussières illuminées, me chatouilleraient les oreilles.

Antonio-Campanella-Movie-Star-junkies-1223Les deux premiers albums des italiens, sortis en 2008 et 2010 sur Voodoo Rythm Records, rendaient respectivement hommage au poète, écrivain et aventurier à ses heures perdues, Herman Melville et à la poésie obscure de William Blake. Naufrage, grâce de l’abîme et délicieuses visions sont contés au son d’un garage blues ombrageux parsemé de nuances surf et western. Les rythmes fracassants chaloupent. La ferveur et l’arrogance tragique des pirates vous prennent à la gorge et vous triturent les tripes. La voix de Stefano Isaia traine et se casse parfois avec autant d’élégance qu’un Nick Cave. Le groupe se réclame des Gun Clubs, Chromes Cranks, Oblivians mais revendiquent des gouts variés allant du folk au free jazz. Leur dernier album Son Of The Dust, sorti l’année dernière, marque un virage vers un son plus calme, arrangé et, de ce fait, évite la reproduction facile du trop prévisible. Il n’en est pas moins sûMovie-Star-Junkiesr que les garçons n’ont pas renié pour autant leur amour pour l’énergie bruyante et les guitares incisives de leurs débuts. Parait que les concerts sont toujours aussi chargés d’intensité électrique. C’est ce que je m’apprêtais à vérifier lorsque, tranquille en buvant ma bière en terrasse, je vis des cranes rasés s’installer à une table. C’étaient les mêmes qui battaient le pavé quelques heures auparavant au coté des soutanes et autres esprits étriqués. Merde. Ces connards veulent nous prendre la rue. Ils rodent et prennent place lentement, avec leurs sales gueules pour étendard et les idées qui vont avec. Les laisser squatter le macadam, c’est laisser toute cette puanteur de merde acérée se répandre, c’est les laisser s’enraciner tranquillement dans le décor, c’est les laisser s’accaparer des effervescences culturelle et rock’n’rollistique d’une ville. Pas moyen que je foute les pieds dans ce rade à la con. Non, il est vraiment trop triste que des groupes aussi bons et talentueux que les Movie Star Junkies jouent dans un lieu tenu par des hipsters bobos prompts à se dévergonder le gosier à coups de gros billets, décidés à fermer les yeux sur les activités troubles de certains de leurs clients. Qu’on se le dise, le rock’n’roll est en danger dans nos contrées, mes frères. Soyez sur vos gardes et restez alertes, les verres vont voler.

> Dead Love Rag

> Tongues Of Fire

> This Is Not a Light

> The damage Is Done

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