[Rencontre avec…] Imbert Imbert

Imbert ImbertlightLe mercredi 8 Mai 2013 au matin, nous rencontrions Imbert Imbert dans le cadre de son passage au Festival Alors… CHANTE !

Pour (re)lire la chronique de Cathy sur Imbert Imbert dans « France en Scène » -> Cliquez ici

– Si tu avais envie de nous chanter une chanson, là à froid, tu chanterais quoi ?

Ben je chanterais une chanson à moi, « Sois mort et tais toi »… : « J’sais pas si ca vous fait ça, dans les moments où ça va, quand le melon est bien mûr, ou que l’air vous semble pur, moi je trouve toujours tout au fond, comme un donneur de leçon qui murmure des rengaines de politique ou de haine, de nucléaire ou de faim, de guerre ou de pesticides, de l’avenir incertain : c’est le cerveau qui me guide. Alors je me fais un joint, ou je me sers un whisky, je prends mon cœur à deux mains, je me lève et je lui dis : ‘’Mais sois mort et tais-toi, qu’on s’en mette plein la joie, qu’on en crève, qu’on morde encore à l’amour, à la lumière du jour, de nos rêves…’’ » etc…

– Tu es identifié comme le chanteur à la contrebasse, seul sur scène, alors pourquoi un duo désormais?

Et bien j’ai fait il y a longtemps une master class avec lui, Bruno Chevillon, un grand bonhomme qui m’a montré qu’on pouvait toucher les gens avec des mots et une contrebasse. Même des mots qu’on ne comprend pas puisque le spectacle que j’avais vu c’était sur Pasolini. Il a acheté mon premier album sans savoir que j’étais son élève et m’a envoyé un mail pour me dire qu’il trouvait ca très beau. Alors ca a été naturel de le faire venir sur scène avec moi. C’est un grand improvisateur, il est très beau quand il joue, il a la grâce, on dirait qu’il est connecté avec là haut quand il est à sa contrebasse…. Et je crois que ca permet au public de respirer un peu, moi et ma contrebasse c’est un peu chargé, alors ça aère le spectacle. Et puis il est tellement talentueux…

– Cette contrebasse justement, qui est classique, comment tu y es venu alors que tu donnes une image plus rock, limite punk ?

J’ai commencé par le piano, puis la basse électrique pour ne pas faire de la guitare comme les autres, et je suis arrivé à la contrebasse assez tard, vers 15-16 ans. Quelques mois plus tard j’ai arrêté l’école et je n’ai plus fait que ça. J’ai passé 5 ans à ne voir personne et à travailler mon instrument, à essayer de savoir faire quelque chose dans la vie. Et à coté de ca j’écoutais du punk, et j’étais au Conservatoire. Et j’écoutais Renaud, donc c’est pas un hasard si je fais de la chanson. Et y’a aussi du jazz parce que j’étais dans une école de jazz, et de la musique improvisée, et tout un tas de groupes dans lequel je jouais… Et puis l’influence de groupes comme La Mano, Noir Désir, Les Beru, Les Ludwig…

– Tu arrives avec un troisième album : on a dit du premier qu’il était minimaliste, et du deuxième qu’il était plus jazzy et foisonnant, si tu devais décrire celui là, qu’est ce que tu en dirais ?

Je dirais qu’il est plus personnel. Le premier j’ai mis 5-6 ans à le faire, avec de petits moyens, le deuxième y’avait plein de musiciens, on s’est dit qu’on aller faire un truc énorme, mixé dans un studio à Minneapolis. Celui-ci j’ai tout repris en main, j’ai construit mon studio dans l’usine où j’habite avec un collectif. J’ai fait venir Bruno Chevillon et les autres musiciens. Et j’ai passé 6 mois à ficeler ça pour que ça me ressemble. Un truc plutôt intérieur même si je lutte pour m’ouvrir et lâcher… Mais franchement j’en suis assez fier.

– « Sois mort et tais toi », c’est pour canaliser ton cerveau, comme dans la chanson, ou pour décrire la neurasthénie de notre époque ?

Elle est plutôt sympathique et entrainante mais du point de vue du texte, ca parle de voir se monde tout bringuebalant et de pas avoir de solution mais de trop aimer la vie pour laisser tomber. Trouver par quel moyen profiter des choses et de la vie, des bons moments, sans trop flipper. J’adore la vie mais le monde me dégoute, alors c’est une chanson pour se dépêtrer de ça.

– Est-ce que tu peux nous certifier que Sophie la girafe n’a pas subi de sévices pour le tournage de ton clip « Sois mort et tais toi » ?

C’est vrai qu’on entend des ‘’pouics’’ de girafe en plastique dans la chanson : c’était l’idée de sortir des chœurs qu’on attend toujours, un truc incongru… C’est une compagnie de théâtre qui m’a donné l’idée : « Le théâtre du vide poche », avec leur spectacle « Les malheurs de sophie », ils sont passé chez moi à l’usine. J’ai enregistré et repiqué, mais il n’y a pas eu de live de Sophie la Girafe !

– Qu’est ce que tu serais devenu si tu n’étais devenu Imbert Imbert ?

Euh… clochard ?! Mes parents auraient voulu que je fasse des études mais j’ai coupé court en arrêtant l’école très vite. Autrement, écrivain peut-être, c’est un peu prétentieux mais j’aurais peut-être essayé…

– Avec quel artiste disparu aurais-tu aimé partager une scène et laquelle ?

Barbara, Ferré, Brel, Brassens …

– Même question que précédemment mais avec un artiste vivant ?

Lior Shoov, une percussionniste israélienne qui fait des trucs de fou. Elle fait ma première partie aux Trois Baudets le 28 mai. Je conseille !

– Ton dernier concert en tant que spectateur ?

Fantazio au Bikini, à Toulouse, un contrebassiste aussi. Ça vaut le déplacement…

– Et le tout premier, c’était pour qui ?

C’est ma mère qui m’a amené voir… Jonasz je crois, je me souviens m’être endormi !

– Quel est selon toi le côté le moins funky de ton métier ?

La com. Chercher à faire entendre le disque, parce que j’avais des attachés de presse et maintenant je fais ça avec mon frère. Appeler les gens, vendre son truc, c’est dur…

imbert imbert

Propos recueillis par Cathy et Gwen

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